La Maison des Grands-Parents de Villeray

 
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Mémoire collective

Le bulletin Mémoire collective est une publication trimestrielle qui a pour but d'informer et de divertir les membres et l'entourage de la Maison des Grands-Parents de Villeray.

Normalement publié en format papier et distribué gratuitement par la poste régulière, le bulletin est également disponible dans internet en version abrégée. Vous pouvez vous procurer la version papier du bulletin Mémoire collective, en communiquant avec nous par téléphone ou par courriel. Nous sommes également en constante recherche de textes à publier; alors si vous êtes intéressés, remplissez le formulaire « À vos plumes ».

Printemps 2017

Voilà ! L’hiver est fini ! Le printemps s’amorce sur une note festive pour la Maison des Grands-Parents de Villeray. Vingt-cinq ans ! Ça se fête ! Soulignons ces années d’engagement dans la communauté, mais surtout soulignons le travail inlassable de nos Bénévoles : Créateurs de richesses, le thème de la Semaine de l’action bénévole du Québec pour 2017.

Un 5 à 7 lancera le début du 25e anniversaire de la Maison des Grands-Parents en lien avec cette semaine de reconnaissance de l’action riche et profonde que les bénévoles ont dans notre société.

La Maison des Grands-Parents est fortement enracinée dans Villeray. C’est pourquoi la MGPV va se joindre, cette année, à la Fête des voisins, le 10 juin prochain. Au programme de la journée, un concert de notre chœur intergénérationnel et portes ouvertes à la Maison. Nous invitons donc nos voisins proches, et plus lointains, à venir nous rencontrer pour un événement convivial où ils seront accueillis chaleureusement.

— Francine Goyette, directrice générale



Invitation à nous proposer des textes

Vous pouvez nous soumettre vos textes qui rejoignent notre mission : l'intergénérationnel et ce qui en découle. Le comité du bulletin, composé de trois bénévoles aînés, de la secrétaire et de la directrice générale, vous informera si votre texte est retenu. Nous attendons donc vos écrits.

La date de tombée pour nous soumettre vos textes est le 28 avril 2017.


Mot de la présidente

Il y a quelques semaines, Christianne Lefebvre a quitté le conseil d’administration au sein duquel elle assumait un deuxième mandat. Elle l’a fait avec constance et avec le souci  de faire progresser notre organisme. Les membres du conseil d’administration tiennent à remercier Christianne pour son excellente contribution.

— Ginette Morrier

Des bénévoles créateurs de richesses collectives, sociales et relationnelles, nous en avons beaucoup à la Maison des Grands-Parents de Villeray. Merci à tous !

Le bénévolat

Accepter de donner de son temps et de donner des heures de sa vie pour aider, soutenir, animer, répondre à des besoins spécifiques de sa communauté demande générosité et abnégation.

Accepter de choisir de le faire uniquement pour la beauté du geste, n’en attendant rien en retour, est une grande marque de respect et d’ouverture à l’autre.

Un bénévole est un travailleur volontaire qui, dégagé de contraintes financières, œuvre avec son cœur, sa présence, son talent à rendre son environnement meilleur. Aucun de nos bénévoles n’obtiendra un « Nobel » avec sa participation à la MGPV, mais si la vie devenait plus douce pour certains, si notre implication faisait une toute petite différence dans notre quartier, notre société, notre vie, nous aurions, alors, rempli notre mission.

Le bénévolat donne un sens à certains et ce travail est salvateur. Faisons d’une pierre deux coups : en plus d’aider les autres, les bénévoles y retirent beaucoup en confiance, en satisfaction et en amitié ; le partage chasse aussi l’isolement.

Laissons-nous la chance, par le bénévolat, d’aider notre société et de nous aider par le fait même.

— Claire Provost

Place aux nouvelles

L'art en folie

Une fois par mois, les aînés de la Maison des Grands-Parents partagent un bon moment avec nos adorables jeunes de l’école primaire Charles-Bruneau, leur éducatrice et leur professeure… D’abord, il y a la visite à la friperie, toujours appréciée. Ils y sont reçus avec gentillesse et disponibilité.

Puis l’activité ! Cette fois-ci, nous avons créé des œuvres abstraites avec une technique un peu particulière : des crayons de cire râpés (merci Colette !) insérés entre deux feuilles glacées et un bon repassage au fer chaud pour faire fondre la cire… Le résultat est fascinant et toujours différent… Les jeunes, aidés des bénévoles, ont créé de beaux petits cadres avec leurs œuvres découpées.

Ce fut un réel plaisir, tant pour les enfants que pour nous, de partager cette activité...

Vive la créativité qui sait si bien libérer l’esprit !

Finalement, un bon dîner, cuisiné par nos bénévoles, clôture cette belle journée du 26 janvier passée ensemble

Nous avons déjà hâte à la prochaine fois !

— Danielle Paquin

Accès-Loisirs - Hiver 2017

Le 11 janvier dernier ont eu lieu les inscriptions hivernales du programme Accès-Loisirs. Des organismes du quartier ont offert généreusement une centaine de places pour des activités de loisirs, sportives ou culturelles. Ainsi, une vingtaine de familles à faible revenu ont pu avoir accès à toute une panoplie d’activités gratuites, comme des cours de natation, de tennis, de bandes-dessinées. La Maison de la culture était aussi présente pour distribuer des billets de spectacle et présenter sa mission. Merci aux quatre bénévoles de la MGPV qui nous ont aidés pour accompagner les familles dans leurs choix et leurs inscriptions. Grâce à eux, ce fut un événement qui s’est déroulé dans la gentillesse, la joie et la bonne humeur ! Rendez-vous à l’automne pour la prochaine période d’inscription au programme Accès-Loisirs !

— Estelle Rabeuf

Un dimanche pas comme les autres

Avez-vous déjà participé à un brunch de la Maison des Grands-Parents ? Vous y trouverez amitié, chaleur, bonne nourriture et échanges intéressants.

En février, nous avons eu la chance d’échanger entre nous sur ce que nous aimons. Les petits vœux collés sur le mur du salon de la Maison des Grands-Parents en témoignent. Vous aimez les enfants, les animaux, la nature, lire, prier ? Tout était intéressant à entendre et bien reçu.

Aussi, Philippe Fortin, accompagné de son bénévole jumelé Yves Bernard, nous a fait profiter d’une très belle exposition de photos prises du Silo n° 5, site abandonné et négligé de la ville de Montréal.

Le montage de l’exposition était très réussi et une vidéo fort intéressante traitait de l’expérience de Philippe au silo.

Beaucoup de travail de la part de plusieurs bénévoles et de Philippe… Nous avons pu apprécier son talent et nous sommes tous fiers de lui.

Alors, vous voyez, que demander de plus ? Ce fut un dimanche matin très agréable... On vous y attend la prochaine fois.

— Danielle Paquin

Ménage du printemps

Nous nous retrouvons dans un printemps que nous espérons hâtif et ensoleillé.

Vite, au rancart les manteaux, doudounes et Kanuk !

Si on est un peu tanné de notre manteau bleu pourtant encore très propre, mais qu’on rêve du classique noir si amincissant, vite, on l’apporte à la MGPV et à l’automne, lors de la grande vente d’hiver de manteaux, vous rendrez quelqu’un heureux et votre manteau aura une deuxième vie à tenir au chaud la personne chanceuse qui le possèdera.

À la friperie, des personnes pourront acquérir un manteau et mettre de côté les inquiétudes qu’amènent le retour du temps froid.

Soyez généreux, c’est pour votre communauté. Nous acceptons les vêtements pour hommes, femmes et enfants.

— Message des fripières
par Claire Provost

Motivation-Jeunesse

Le mois de février serait-il celui des arts pour les jeunes et les aînés de cette activité ? On pourrait le croire ! Le 1er, c’était l’atelier d’écriture, et le 15, la murale !

Lors de l’atelier d’écriture, ce fut un cadavre exquis dont le thème était l’entretien d’embauche où tour à tour on était le patron ou le quémandeur d’emploi ! Emploi que chacun avait écrit au haut de la feuille. S’il y eut pas mal de confusion lors de cette « épreuve », les rires lors de la lecture en surent dire le plaisir !

Pour la murale, Danielle eut l’excellente idée d’en parler aux jeunes dès cette rencontre, leur disant que la Maison fêtait cette année ses vingt-cinq ans, que ce pourrait être notre thème. Et là, je vais leur laisser la parole, ou, plutôt, les mots, car ils furent nombreux sur ces grandes banderoles !

♥ Avoir toujours 25 ans chaque jour. Tous les jours.
♥ Venez-vous-en les petits, les grands-mamans vous attendent.
♥ Chez nous, y’a de la joie dans l’air.
♥ Encore du tricot pendant 25 ans.
♥ À la MGPV, les générations se tiennent par la main.
♥ Tous ensemble avec les gens du quartier par amour.
♥ Nos différences sont nos forces.
♥ Une mission intergénérationnelle de 25 ans et réussie.
♥ Allez grand-papa, c’est l’heure de l’aide aux devoirs.

Et même, pour les matheux :

♥ Sachant que l’âge de la Maison des Grands-Parents est égal au carré de l’hypoténuse, que a vaut trois et b vaut 4, quel est son âge ?

Et je terminerai avec le mot d’Éric, le prof :

♥ J’ai fait de magnifiques rencontres à travers toutes ces années.

Une belle, très belle activité ! Et qui se termina par un joyeux repas !

— Philippe Trolliet

Des yeux nouveaux à la MGPV

C’est avec un sourire chaleureux, qui réchauffe en ce temps froid, que l’on est accueilli à la Maison des Grands-Parents de Villeray, telle une cheminée qui rassemble toutes et tous pour un moment agréable et inoubliable. Chacune et chacun s’y met pour donner de son expérience, de son temps et de son cœur. Car oui, ces enfants et adolescents qui se hâtent à l’entrée et se précipitent vers les activités sont la preuve du travail remarquable des bénévoles et du personnel de la MGPV. Ici, chacun trouve sa place et s’assure de faire une place à l’Autre. Cet Autre est toi, moi ou quiconque qui sonne au 8078, rue Drolet !

L’image de la Maison des Grands-Parents de Villeray me vient avec des ados et des aînés soulignant les 25 ans d’existence de ce lieu fantastique sur une banderole exprimant leur gratitude. Je vous remercie de m’avoir fait découvrir la magie de ce lieu et des gens qui le fréquentent. À un autre 25 ans et plus !!!

— Sara Khedidji, stagiaire en technique de travail social

Le printemps au chœur

Au chœur, on se prépare à fêter le 25e anniversaire de la Maison des Grands-Parents de Villeray avec un tout nouveau répertoire et on accueille avec joie le printemps avec la chanson de Michel Fugain, Le printemps est arrivé.

Depuis janvier, on porte une attention particulière à l’intégration des enfants au chœur afin de rendre leur participation plus signifiante. Je rappelle ici que les enfants ne se joignent au groupe qu’au milieu des pratiques, puisqu’ils arrivent après leurs classes. Ils doivent donc rapidement s’intégrer au groupe après la collation. Pour ce faire, nous avons mis de l’avant trois mesures : l. Le jumelage des enfants avec un adulte du même registre, soit les sopranos. 2. Au lieu d’une partition musicale plus difficile à lire pour eux, nous leur avons remis le texte de chacune des chansons en indiquant bien les syllabes à prononcer et à chanter. 3. Lors des pratiques, le chef s’assure, qu’à chaque semaine, nous récitions en rythme les paroles d’une chanson du répertoire, ce qui en facilite la lecture et aussi l’apprentissage.

Nous espérons ainsi favoriser le mieux possible à l’intérieur de l’activité chant choral, la mission intergénérationnelle de la MGPV.

Au plaisir de vous rencontrer lors de notre concert de fin d’année qui devrait être champêtre et festif en cette année du
25e anniversaire de la MGPV. Surveillez les affiches, la page Facebook et le site de la Maison (www.mgpv.org).

— Marité Perron

De la grande visite

Le jeudi 2 mars dernier, Mme Francine Charbonneau, ministre responsable des Aînés, est venue visiter la Maison des Grands-Parents de Villeray. Quatre membres du conseil d’administration, Ginette Morrier, Monique Jefford, Suzy Roda et Philippe Trolliet, ont accueilli Mme Charbonneau dans cette Maison que nous aimons tant. Après une visite des lieux, où la ministre a pu échanger avec plusieurs des bénévoles œuvrant à l’accueil, à la friperie et à la cuisine, les membres du conseil ainsi que la directrice ont eu un moment d’échange sympathique avec elle.

— Francine Goyette

L'accueil à la Maison des Grands-Parents de Villeray

À votre arrivée, un simple coup de sonnette ! Une bénévole viendra vous ouvrir la porte de la Maison. Vous serez accueilli chaleureusement.

Cet accueil lui permettra de vous diriger au bon endroit que ce soit à la friperie (qui connait un franc succès), à la bibliothèque (remplie de vrais trouvailles) ou encore au centre d’informatique avec de précieux conseils (si nécessaire) d’une personne bénévole (utile et pratique).

La personne bénévole pourra aussi vous guider vers l’une des activités proposées ou bien à un rendez-vous que vous aurez pris avec un membre du personnel administratif.

L’accueil est la porte d’entrée de tous les services et programmes offerts par la Maison des Grands-Parents de Villeray. Ils sont principalement proposés aux résidents du quartier, mais ils sont également ouverts à tous les citoyens du Grand Montréal.

Bienvenue à vous ! N’hésitez pas à sonner à notre porte.

— Marie-Andrée Lessard

Place aux bénévoles

Souvenirs de décembre

C’est la première bordée de neige qui s’abat sur Montréal, de beaux flocons volent au vent comme des balles de coton. Telle une ruche, la MGPV est en pleine allégresse. C’est le jour de visite du jeune Emmanuel, mais aussi celui de l’atelier d’écriture, de la halte-garderie, du café-rencontre, etc. L’atelier d’écriture réduit à deux fidèles participantes, Emmanuel et moi nous joignons à elles pour le plaisir des mots, le plaisir d’écrire tous ensemble. Philippe, notre animateur, avec un sourire malicieux, nous propose d’écrire une lettre au père Noël. Voici la lettre d’Emmanuel, mot pour mot.

Cher père Noël,

Je vous écris cette lettre en ces temps des fêtes, mon fils aimerait un cadeau de Noël très particulier, il aime le sport comme le soccer, donc si vous lui apportez des vêtements de soccer ou un ballon de soccer, il ne faut pas qu’ils soient de couleur bleue, ni rouge, ni orange, ni mauve, ni moka, ni jaune, ni vert, ni gris, ni brun et ni couleur or.

Si vous lui offrez un jouet téléguidé, il faut que le jouet aille avec des piles Duracell AAA et pas d’autres marques.

Si vous lui offrez un livre, il faut que celui-ci mesure environ 1 pouce, qu’il ait
120 pages, pas une de plus ou de moins et que les caractères soient écrits en 12, et finalement il ne doit y avoir en aucun cas le pronom « il » dans tout le livre.

Je vous l’accorde mon fils est très compliqué, mais je vous remercie de bien comprendre et de m’aider dans l’enfer dans lequel je vis.

Joyeux Noël.

Emmanuel

L’atelier d’écriture terminé, nous montons au premier étage retrouver les grands-mamans, elles sont invitées à partager un repas de Noël avant l’arrivée des mères du café-rencontre. Le repas délicieux a été préparé par Estelle. Philippe et Emmanuel le partagent. Il faut manger avant l’arrivée des mères et de leur bambin, midi les premiers enfants arrivent, trois heures à venir qui ne seront que petits bonheurs et câlins. Les mères tranquilles vont manger à la cuisine. Emmanuel est resté avec nous toute la journée. Il a joué avec les enfants sous l’œil bienveillant et vigilant des grands-mères, discuté avec elles, mangé du chocolat offert par une maman. Une belle journée !

En guise de conclusion, voici les paroles d’Emmanuel sur l’expérience vécue : Ce fut une journée remplie de joie et de bonheur, avec l’ambiance de la maison et j’ai même pu bercer un enfant, ce qui m’a fait très plaisir et a rendu ma semaine heureuse. J’ai vraiment aimé ma journée.

— Véronique Dorison

Jumelage ─ Le chemin d’une rencontre

C’était il y a déjà presque quatre ans. Accompagner un jeune que les cahots de la vie avaient laissé dans les marges, l’idée lui souriait. Cette toute première fois, il était dans la bibliothèque de cette maison — qu’un jour elle nommera « Maison du bonheur » — à étiqueter des livres, elle apparut, vêtue « mou », accompagnée de sa travailleuse sociale. Ils se sont présentés. Tous deux bien timides. Intimidés.

— J’aime dessiner, avait-elle affirmé.

Une semaine plus tard, dans cette même maison, ils étaient assis à la table du salon. Lui avait alors tout préparé ; devant eux, du papier, des crayons de couleur, une gomme, des feutres. Les regards, les quelques mots, à l’entour, la vie. Elle lui avait alors avoué ne pas trop savoir dessiner. Mais elle aimait colorier. Qu’avait-il tracé, lui, sur ces feuilles ? Un chat ? Les silences avaient été nombreux. Parfois lui reviennent en mémoire ces premiers instants. Plus tard, c’était alors dans la cuisine, tous deux, à préparer des desserts, tartes au citron meringuées, à la meringue chaque fois ratée ! ou sucre à la crème...

Oui, depuis ces premières rencontres, ils se sont tous deux apprivoisés... Longtemps, il la vouvoya, et puis, avec une lente tendresse, ils se sont rapprochés, et le tu leur est venu tout naturellement, et, au moment des au revoir, les câlins...

Il y avait eu cet été-là, elle n’était pas rentrée au centre, s’était évanouie dans la ville, et les journées vite avaient été longues, sans nouvelle d’elle, les journées et les nuits, les nuits surtout, où de sombres inquiétudes le venaient hanter... Oh ! elle avait été retrouvée, en dehors de la ville, la police...

Les grands espoirs, les idées noires, ce lent balancement des uns aux autres...

Puis elle était sortie du centre, était dans un foyer, elle allait à l’école... oui, souvent elle me disait son impatience d’être à cet âge adulte où l’on est libre, où l’on fait ce que l’on veut... et, un jour, elle n’était plus là...

Au foyer, on lui dit ne pas savoir où elle se trouve. Oui, une fois encore, elle a disparu. Elle a fugué. Et lui ne sait que répondre, et dans son esprit tous ses mots, ses doutes, tout se mêle et se bouscule. Que fait-elle ? que devient-elle ? où est-elle ?

Une fugue. Une autre, quelques semaines plus tard.

Que c’est difficile ! songe-t-il, oui, tout au long des nuits, perdu dans ces interminables songeries, il pense à elle, à ce qu’elle fait, à ce qu’elle devient, il n’ose imaginer le pire, il lui parle et ce sont de longs monologues. Mais, lorsqu’il la voit, qu’ils sont ensemble, il n’ose ni quoi ni comment lui dire tout ce qui, là, reste dans son cœur, ses craintes, ses espoirs...

« Coucou je vais très bien jais juste besouin de reflechire
je taime grand papa ok tkt pas je suis pas dans rue »

Ne t’inquiète pas ! Mais comment ne pas s’inquiéter ! Ce petit message venu par la grâce des réseaux... Elle travaillait alors dans un café. Une chaîne. Elle y faisait un stage. Elle croyait y trouver un emploi... À quelques jours de la fin, elle s’était enfuie...

Et puis, un jour, je la vis réapparaître, je sus que la police l’avait retrouvée, qu’elle était de retour au foyer, je pouvais la revoir, il me fallait aller l’y chercher, la reconduire...

Elle faisait un autre stage, dans une résidence, avec des gens âgés, elle aidait une préposée aux loisirs... et là encore, très vite, la fuite, vers quel horizon de liberté, de grand amour... c’était fin octobre, ou les premiers jours de novembre... Il lui écrit, espère...

« Bonjour, ma grande fille. Où es-tu ? Tu disparais et je ne sais que penser... et tout cela me fait peur, fait peur pour toi... et je ne sais que faire... Je t'aime, grande fille, je tiens à toi, beaucoup... je m'inquiète... que deviens-tu ? »

Une semaine passe. D’elle, aucune nouvelle. Il confie d’autres mots au réseau.

« Jeudi. L’après-midi. L’air est doux. C’est pourtant novembre. Et tu n’es pas là. Hier, tu n’étais pas là. Et je n’ose appeler. C’était le second mercredi où tu m’étais absente. Où es-tu ? Sur quelle route es-tu perdue ? Oh ! je le sais... je ne le sais que trop ! tu es partie... je le sais que tu es partie... ils me l’ont dit ; ils ne m’ont donné de détails... et je ne sais ni quand... ni comment... le pourquoi, je le devine... j’ai mal... j’ai peur et j’espère... j’espère et j’ai peur... J’aime tant t’entendre rire, voir cette tristesse dans tes yeux un instant s’éloigner... mais je ne sais te faire rire... te faire sourire... mettre de la gaieté dans tes yeux... de la sérénité à ton visage... mais je ne le sais... et pourtant j’aimerais tant... mais tu es loin, tu es je ne sais où... et s’il fait doux, s’il fait beau, l’hiver est si proche... Et c’est sur cette crête étroite, entre crainte et espoir, que ces mots... mes mots trop pauvres, trop loin de toi... oh ! comment sauraient-ils te parvenir ?... alors j’espère, je ne sais faire autre chose, je ne puis faire autre qu’espérer et croire, croire qu’un jour, oh ! pas trop lointain... j’espère juste n’avoir besoin de larmes... j’espère et attends... attends... espère... »

« bonjour grand-père dsl de t’avoir inquieté je t’aime si fort
j’espère que tu n’es pas trop inkette je te redonne des nouvelles
bintôt

jais hâte de pouvoir reprendre nos mercredis abituelle
tu me manques beaucoup ausi »

Ce n’est qu’en décembre qu’il la retrouve. Peu avant la Noël, elle l’appelle. Lui avoue être au Centre. D’une toute petite voix où il sent les larmes, les sanglots refoulés, elle lui conte. Que la police l’avait retracée. Ramenée. Qu’elle avait été placée en institution. Sans sortie possible. Deux heures de visite le dimanche. Il alla la voir. Chaque dimanche. Noël. Nouvel An. Deux heures en tête à tête, assis à une table. Dans une pièce vaste et triste. Où d’autres jeunes aussi reçoivent visite.

De là, elle est sortie. Elle a dix-sept ans. Bientôt dix-huit, l’anniversaire, c’est demain, la vie, c’est demain... et, pour elle, cette date est une porte ouvrant sur la liberté, sur la fin de toutes ces règles, et ces interdictions, ces règlements, ces obligations, ces ordres...

Mais il reste tant de questions ! Et le chemin reste ardu et long... Ensemble, lui et elle, sauront-ils ?...

« Je suis comblée de bonheur total sa m'avais manque c moment
si merveilleux de là vie »

— Philippe

Une belle rencontre

Depuis plusieurs années, la Maison des Grands-Parents offre le service d’aide aux devoirs à des enfants du niveau primaire fréquentant l’école Hélène-Boullé.

Une formule originale et efficace permet au bénévole et à l’enfant de vivre une continuité dans ce service, ce qui est devenu une « denrée rare » !

L’été dernier, je suis allée regarder ma petite-fille jouer au soccer dans un parc à Montréal.

Soudain, de dos, j’ai vu un jeune homme que j’ai cru reconnaître. En se tournant vers moi, son sourire m’a donné ma réponse.

Wallid, mon petit Wallid devenu ce grand jeune homme !

Comme nous étions contents de nous revoir…

« Je me souviens de ce que nous faisions ensemble et j’aimais cela… ! » me dit-il.

Durant deux années, deux fois la semaine, Wallid et moi avons travaillé ensemble ses devoirs de cinquième et sixième année…

Je l’ai accompagné dans ses travaux scolaires, mais aussi un peu dans sa vie.

« Tu sais, j’ai encore un peu de misère à m’organiser. » Nous avons ri ensemble.

Je ne vous le cache pas, cette belle rencontre a ensoleillé ma journée.

— Danielle Paquin

Préparez vos crayons !

Nous préparons un numéro spécial de votre bulletin « Mémoire collective ». Ce numéro du printemps 2018 soulignera la fin d’une année de festivités à la MGPV.

Nous faisons appel à vous pour nous faire parvenir vos textes, quelques mots, quelques phrases ou quelques paragraphes pour nous dire votre première fois à la MGPV. Qui vous a amené ici ? Qui vous a fait connaître cette maison ? Qu’est-ce que la maison vous a apporté ? Que souhaitez-vous pour les prochaines années ?

Pourquoi on vous demande d’écrire ? parce que nos bénévoles sont utiles et essentiels à la MGPV.

Sortez votre Michel Tremblay intérieur et racontez-nous ce chapitre de votre vie.

Nous attendons vos écrits impatiemment et le plus vite possible ! Vaut mieux tôt que tard !

Vous les remettez à Jocelyne au secrétariat, par courriel ou en mains propres.

— Claire Provost

Coin du souvenir

ET IN ARCADIA EGO ou Le Voyage à Rome

Rome de Rome est le monument
Joachim Du Bellay 1522-1560

Rome 1967

- Eh ! Savez-vous où vous êtes ? Vous êtes dans la basilique Saint-Pierre, à Rome ! Sous la coupole dessinée par Michel-Ange ! Au dessus du tombeau de Saint-Pierre ! Et vous parlez de pneu depuis dix minutes !

- Pis après ? On parle à voix basse ! Pis Denis travaille chez Michelin ! « Travailler c’est prier » a dit l’abbé Pierre ! Allez ! Venez ! Je connais un petit bar secret, caché dans un pilier de la basilique ! C’est réservé aux employés, mais on peut y être servi discrètement !

- On n’est pas venu à Rome pour boire du café clandestinement ou parler de pneu ! On veut visiter les caves du Vatican et tout le reste !

- Tu te prends pour André Gide ?! La nécropole vaticane est accessible par cet étroit escalier tarabiscoté, cependant c’est assez lugubre et claustrophobique !

- Alors, allez-y sans moi ! Je suis trop anxieuse et claustrophobe moi-même !

- Si tu n’y vas pas, je reste avec toi ! Vas-y, toi, Yves !

- Eh ! J’habite ici, à Rome ! Je peux y aller n’importe quand ! Allons plutôt escalader la coupole de Michel-Ange ! Malheureusement, l’unique ascenseur pour atteindre les toits est en panne depuis un mois !

- Laisse tomber ! On va visiter la chapelle Sixtine, à place !

- C’est pas par ici ! Il faut resortir, retraverser la place Saint-Pierre et longer les murs d’enceinte par la gauche !

- Alors dis-nous où se cache la Piéta de Michel, qu’on sorte d’icitte au plus maudit !

- Elle est à Montréal ! Pour l’Expo 67.

- Tabarnouche ! C’est le boutte ! J’en peux pus ! Où il est ton clisse de bar secret ?

- Par ici ! On pourra y parler de pneu tranquillement et boire un café clandestinement !

— Yves Bernard

À noter à votre agenda
Fête des voisins ─ samedi, 10 juin
La Fête des voisins, c’est des voisins, nous, qui invitent d’autres voisins en toute simplicité pour une prestation du chœur intergénérationnel de la Maison des Grands-Parents de Villeray ainsi que portes ouvertes à la MGPV avec punch et cupcakes.

Horaire : prestation 13 h à 14 h / portes ouvertes 14 h à 16 h