La Maison des Grands-Parents de Villeray

 
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Mémoire collective

Le bulletin Mémoire collective est une publication trimestrielle qui a pour but d'informer et de divertir les membres et l'entourage de la Maison des Grands-Parents de Villeray.

Normalement publié en format papier et distribué gratuitement par la poste régulière, le bulletin est également disponible dans internet en version abrégée. Vous pouvez vous procurer la version papier du bulletin Mémoire collective, en communiquant avec nous par téléphone ou par courriel. Nous sommes également en constante recherche de textes à publier; alors si vous êtes intéressés, remplissez le formulaire « À vos plumes ».

Printemps 2018

Les périodes de changement nous accompagnent tout au long de notre vie. Nous souhaitons parfois, et même souvent, qu’elles ralentissent et qu’elles n’arrivent pas en vagues successives. Un organisme communautaire vit aussi des changements, même si nous souhaitons qu’ils soient doux et ne se produisent pas trop souvent. Au cours des deux dernières années, la MGPV a fait face à des mouvements de personnel pour différentes raisons et dans des circonstances diverses. Ce qui est important de noter, c’est la solidarité et la sollicitude des bénévoles qui ont accompli des tâches supplémentaires pour soutenir le personnel surchargé. Je prends donc cet espace pour remercier les bénévoles de cet appui inébranlable à la réalisation de la mission de notre belle Maison.

— Francine Goyette, directrice générale



Invitation à nous proposer des textes

Nous publions des textes qui rejoignent notre mission : l'intergénérationnel et ce qui en découle. Nous vous invitons à soumettre vos textes. Le comité du bulletin vous informera si votre texte est retenu. Nous attendons donc vos écrits.

La prochaine date de tombée pour le prochain bulletin est le 27 avril 2018.

Conseil d'administration

Un vibrant merci

Lors de notre dernier C. A., nous avons discuté de la façon harmonieuse dont s’est faite la transition entre le départ hâtif de la coordonnatrice des activités et l’arrivée de Sophie qui l’a remplacée dans notre organisation. Francine et Jocelyne ont su gérer efficacement l’absence d’une employée durant presque trois mois. Nos activités se sont poursuivies sans trop de bouleversements. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible que vous leur avez apporté, chers bénévoles.
Chacun a mis la main à la pâte pour que tout se déroule sans anicroche. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants, nous ne vous remercierons jamais assez, pour avoir donné généreusement de votre temps à la MGPV. Cela montre votre attachement pour elle, par l’amour que vous y apportez.

— Ginette Morrier, présidente du C. A.

Être grands-parents aujourd'hui

Que signifie être grands-parents aujourd’hui ? Ce rôle a-t-il changé par rapport à ce qu’il était autrefois ? Pour répondre à cette question, j’ai représenté la MGPV à l’émission ÈRE libre, le 19 décembre dernier. Nous participions à une table ronde : Godeliève de Konink, une grand-maman de 19 petits-enfants, Nathalie Parent, psychologue et auteure du livre Pour grands-parents seulement, et moi.

Ces deux dames ont fait ressortir que les grands-parents d’aujourd’hui sont des modèles pour leurs petits-enfants en restant actifs et impliqués dans différentes activités. Les grands-parents d’aujourd’hui ne sont pas disponibles en tout temps pour les garder, ils sont là pour soutenir les parents et non les remplacer. Ils doivent savoir mettre leurs limites et garder du temps pour eux.

Pour ma part, j’ai parlé du rôle social de la MGPV. En effet, à travers nos activités avec les poupons, les tout-petits et les adolescents, nous sommes des grands-parents de substitution. Les liens du cœur sont aussi importants que les liens biologiques. Nous apportons soutien et réconfort aux parents. Nous sommes des grands-parents pour ceux qui n’en ont pas ou dont les grands-parents sont trop éloignés comme pour les enfants de souche immigrante. Chacun en ressort enrichi : les enfants se sentent aimés et reçoivent de l’attention. À leur tour, les aînés brisent leur isolement et se sentent appréciés. Les jeunes et les moins jeunes transcendent ainsi les préjugés qui empêchent les différentes générations de communiquer entre elles.

L’émission a été diffusée le 26 février 2018 et est disponible sur le site de MAtv.

— Ginette Morrier, présidente du C. A.

Place aux nouvelles

De la bien belle visite

Quelle surprise, un lundi de novembre, de recevoir à la MGPV la présidente et directrice générale, Lili-Anna Pereša, de Centraide du Grand Montréal, accompagnée de Jérémy Demay et d’Alex Nevski ! Ceux-ci, très impliqués dans la campagne de financement, voulaient voir de près des endroits subventionnés par cet organisme. Étant donné que nous faisons partie de ces privilégiés, le choix de la MGPV s’est imposé.

Tous les trois sont arrivés, charmants, ouverts, avec blagues, moqueries, sourires, des photos pour immortaliser le moment. Certaines de nos filles de l’aide aux devoirs étaient plus que ravies de pouvoir montrer, à leurs copines, leurs photos avec le beau Alex, de la Voix et Jérémy, le rigolo.

Merci à Centraide de reconnaître l’œuvre utile de la MGPV et merci aussi pour cette visite surprise, revenez quand vous voulez !

— Claire Provost

Crédit photos : Mikaël Theimer


Le premier Marché de Noël

C’était le samedi 2 décembre dernier. Une première ! La Maison des Grands-Parents de Villeray était ouverte aux passants, aux curieux et aux amis et parents des bénévoles pour le premier Marché de Noël. La grande salle était remplie de belles et bonnes choses et chacun avait l’occasion de trouver le cadeau idéal à faire ou à se faire. Les bénévoles de l’artisanat avaient étalé tuques, bas, couvertures, chandails, foulards, pantoufles, mitaines et quoi encore ! Des douceurs sucrées et savoureuses étaient aussi disponibles. Sans oublier les décorations d’arbre de Noël et les cartes de souhait faites à la main, les aiguilles et la laine à tricoter, les tabliers brodés, etc.

 

Les visiteurs étaient accueillis avec une rasade de jus de pomme chaud et épicé, bien qu’il ne faisait pas très froid ! En effet, les conditions atmosphériques étaient idéales pour ce genre d’activité. Les bénévoles de la friperie étaient au poste et ont certainement recruté de nouveaux clients parmi les visiteurs. À la fin de l’après-midi, nous étions fatigués, mais bien contents de notre première expérience et le déroulement de la journée s’est avéré très positif.

Merci à toutes et tous. On remettra ça en décembre 2018. L’inventaire des tricots à vendre a baissé et les tricoteuses de l’artisanat ont depuis repris leurs aiguilles et leurs crochets pour renflouer la réserve.

— Louise Bertrand

Un autre départ

La MGPV n’a pas peur du changement ! Depuis quelques années, le poste de coordonnatrice des activités est en constante mutation.

Après un assez long séjour de Juliette au poste, la voilà partie relever de nouveaux défis. Lui succède Estelle et son porte-bonheur, Jacob, qui, elle aussi, a choisi de réaliser un rêve et est retournée aux études. Et puis, arrive Élisabeth et son sourire et sa chaleur et sa gentillesse, et puis elle aussi doit partir pour des raisons de santé. Nous les avons toutes aimées et elles nous aimaient bien aussi. Qui a dit que les aînés ne s’adaptaient pas aux changements ?

Il nous reste encore une parcelle d’Élisabeth puisque, dans la section poésie, vous trouverez un poème d’une grande sensibilité écrit par celle-ci.

Maintenant, place à la nouvelle coordon-natrice, place à Sophie !

— Claire Provost

Spectacle de Noël de la chorale

Le dimanche 17 décembre dernier, le chœur intergénérationnel de la Maison des Grands-Parents de Villeray, composé de 25 personnes, a présenté son spectacle de Noël, intitulé La Magie de Noël, chansons d’hier et d’aujourd’hui. Ce spectacle a eu lieu à l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, sur la rue Saint-Hubert. Sous l’habile direction musicale de Gérard Parent, 20 chansons ont charmé plus de 150 spectateurs. Ce fut un franc succès. Merci à tous les choristes, en particulier à nos quatre jeunes qui ajoutent de l’entrain et de la joie à nos prestations ! La paroisse Notre-Dame-du-Saint-Rosaire a organisé et publicisé l’événement et a payé toutes les dépenses. Les profits, au montant de 1 490 $, ont été versés dans un fonds pour la réparation des églises de la paroisse. On avait demandé aux spectateurs d’apporter une denrée non-périssable. On a ainsi recueilli 12 sacs de victuailles qui ont été remis au Comptoir alimentaire Villeray. En somme, un très beau concert qui en plus a permis d’aider les plus démunis pendant la période des fêtes.

Vous pouvez trouver des photos du spectacle sur le site web :
« http://untoitpourlacommunaute.org ».

— Pierre Dubreuil

Magasin-Partage de Noël

Chaque automne, grand branle-bas de combat ! Le Magasin-Partage de Noël s’en vient ! À la Table de sécurité alimentaire de Villeray, le comité se forme dès septembre pour organiser l’événement de Noël avec comme objectif de soutenir 545 familles. L’organisation est exigeante. C’est un gros morceau au niveau de l’engagement de tous les partenaires. Tous sont à pied d’œuvre et se partagent les tâches. Les mots d’ordre sont respect, solidarité et engagement envers notre communauté.

Cette année, la MGPV a eu comme mandat de revoir les communications et les formulaires d’inscription. Elle a été présente également aux trois périodes d’inscriptions par ma présence ainsi que celle de notre stagiaire, Shania Gagné. Nous avons géré aussi les demandes d’information téléphonique et la liste d’attente. De plus, comme chaque année, les bénévoles de la friperie mettent de côté des cadeaux de Noël pour les participants. Près d’une centaine de cadeaux ont ainsi été fournis au Magasin-Partage et ont permis de mettre de la joie au cœur des participants.

— Francine Goyette

Consultation

J’ai connu la Maison des Grands-Parents de Villeray dans le cadre de son partenariat avec l’Université du Québec à Montréal. Francine avait en effet effectué une demande de consultation auprès de la professeure de mon cours, Janie Houle, afin de : 1) Connaître la perception des bénévoles de la MGPV concernant l’organisme et le soutien qui leur est actuellement offert. 2) Identifier des pistes d’amélioration à apporter au soutien des bénévoles.

Quand Janie nous a présenté cette demande, j’ai tout de suite accepté de la faire, car j’appréciais qu’un organisme s’intéresse et prenne en considération ses bénévoles au point d’en faire une consultation. C’était selon moi une marque de qualité et de confiance. L’avenir ne m’a pas trompée.

J’ai trouvé la MGPV unique en son genre. En effet, elle déjoue selon moi tous les pronostics. Alors que nos sociétés modernes imaginent parfois les grands-parents comme des personnes à qui il faudrait venir en aide, leur attribuant un rôle un peu passif, la MGPV les place au contraire au cœur de la société, comme acteurs à part entière de la vie en collectivité. À travers une multitude d’activités, ce sont eux, les bénévoles aînés, qui accompagnent et viennent en aide aux différents acteurs et habitants de leur quartier tant aimé : Villeray. Ils ne participent pas simplement à la MGPV ; ils sont la MGPV. Là où d’autres peuvent vulnérabiliser les grands-parents, la MGPV favorise au contraire leur pouvoir d’agir. La culture et l’esprit de l’organisme promeuvent un fonctionnement très participatif, collaboratif, où les bénévoles sont vus comme de véritables partenaires de la vie de l’organisme. Leur implication est non seulement valorisée, mais encouragée. C’est en ça que la MGPV est unique. Par son sens de l’humain hors norme.

Les bénévoles m’ont souvent dit, pendant la consultation, que la MGPV était pour eux comme une deuxième maison, une famille ainsi qu’une source de chaleur et d’accueil. Mon expérience au sein de l’organisation ne peut que leur donner raison. La maison en elle-même, son espace, ses nombreuses pièces chaleureuses, calmes ou emplies d’activités, sa cuisine, son balcon ou encore ses pièces pour bercer les enfants, m’a fait me sentir comme chez moi. C’est quelque chose que je n’avais encore jamais vu dans le milieu communautaire et qui m’a impressionnée. La Maison offre un cadre propice aux rencontres et au bien-être.

De manière générale, j’ai vécu cette expérience comme une bouffée d’air frais dans mon cursus. Moi qui recherchais une expérience terrain, je n’aurais pu rêver mieux. L’équipe de la MGPV et ses membres m’ont accueillie avec beaucoup de chaleur et de gentillesse. Enfin, je ne pourrais terminer ce récit de mon expérience au sein de la MGPV sans parler de sa directrice générale, Francine, et de son équipe. Humainement, j’ai été admirative du travail qu’elles effectuent chaque jour. Leur ouverture d’esprit et leur écoute sans limite ne sont pas communes, tout comme le fait qu’elles n’aient pas peur du changement pour toujours s’améliorer. La dynamique au sein de la Maison des Grands-Parents de Villeray porte selon moi bien son surnom : La Maison du Bonheur. À Francine et l’ensemble de la MGPV, je vous remercie pour cette belle expérience, votre accueil et votre générosité.

— Caroline Clavel

Un atelier de dessin pour les mamans et les grands-parents

Depuis le mois de janvier, la Maison des Grands-Parents de Villeray accueille un atelier de dessin pour les mamans et les grands-parents ! L’idée est née de discussions entre mamans du quartier qui souhaitaient se réunir pour partager un moment créatif et collectif. Un moment à soi, une petite pause dans la vie bien occupée de jeune maman, pour se reconnecter avec sa créativité et prendre le temps de s’exprimer. La Maison des Grands-Parents de Villeray est apparue comme le lieu parfait pour partager cette activité : un endroit convivial, ouvert et intergénérationnel !

Un jeudi matin sur deux, dans la grande et lumineuse cuisine, une dizaine d’artistes, mamans et grands-parents, se réunissent pour dessiner pendant deux heures. La thématique de l’atelier est choisie ensemble et nous explorons de nombreuses techniques.

L’atelier est très convivial. Les mamans peuvent venir avec leur bébé, ou le confier à la halte-garderie aux bons soins des grands-mamans. Dans la cuisine, les artistes s’installent autour de grandes tables recouvertes de nappes. Chacun prépare ses pinceaux, peinture, crayons, stylos, carnets... Nous partageons des idées, des conseils et des compliments. Nous nous prêtons du matériel, autour d’un bon café et de quelques biscuits. Les discussions sont très vivantes : nous parlons des bébés, de dessin, de la vie et de nos petits bonheurs.

L’atelier est devenu notre petite bulle de créativité et de détente. Nous repartons toutes heureuses de ce moment partagé entre rires et dessins et impatientes de se retrouver au prochain atelier !

— Marine Lestrade

Une carrière dans le social

Je vous écris à peine arrivée, après une semaine de travail au sein de la Maison ; je peux dire que je suis déjà sous le charme ! C’est un vrai plaisir de venir travailler chaque matin et de vous côtoyer, vous qui êtes le cœur de la Maison. Après des études en récréologie et quelques années de travail dans divers centres communautaires, organismes et écoles en tant qu’animatrice puis responsable de programmes en loisirs, je sentais l’appel d’un emploi plus axé sur l’aspect social. Je crois avoir trouvé, à la MGPV, le parfait équilibre entre mes anciennes amours et mes nouvelles aspirations. Ici, ça vit, ça bouge, ça respire le bonheur d’aider son prochain ! J’espère pouvoir être des vôtres pour très longtemps et pouvoir participer à la vitalité de ce beau quartier qu’est Villeray.

— Sophie Dargy

Accès-Loisirs

En partenariat avec plusieurs organismes communautaires et privés ainsi que l’arrondissement, Accès-Loisirs offre aux personnes vivant une situation de faible revenu la possibilité de participer gratuitement à des activités de loisir, et ce, dans le respect et la confidentialité. Cette opportunité permet à la clientèle inscrite de briser l’isolement et de participer à part entière à la vie sociale de son quartier. En ce sens, le programme Accès-Loisirs joue un rôle important dans la réduction des barrières d’exclusion sociales et ses actions contribuent à lutter contre la pauvreté. Deux fois par année (janvier et septembre), c’est la MGPV qui est au centre des inscriptions Accès-Loisirs pour le quartier Villeray. Le 11 janvier dernier, c’est plus de soixante personnes qui se sont inscrites et ont pu bénéficier d’une centaine d’activités culturelles et sportives. Un grand merci aux donateurs et aux bénévoles ! Prochain rendez-vous septembre 2018 !

— Francine Goyette

École alternative Le volet des colibris

C’était le dernier mardi de janvier, et la Maison des Grands-Parents accueillait une toute nouvelle activité intergénérationnelle ! Ce matin-là, vers dix heures, une douzaine d’enfants entraient par la grande porte ! oh ! ils n’étaient pas seuls ! Nadège Marcoux, leur prof, ainsi qu’une maman et deux papas les accompagnaient ; une classe de maternelle de cette nouvelle école alternative de notre quartier, sise à l’école Gadbois. Ils devaient être seize, mais c’est l’hiver… et les bénévoles non plus n’étaient pas tous présents.

On a chanté Sur le pont d’Avignon ; puis on joua. Les enfants étaient divisés en petits groupes, il y avait les quilles, le jeu de poches. De plus, une des bénévoles, Roseline, avait préparé un jeu d’adresse avec de grandes bouteilles de plastique — bouteilles de boisson gazeuse —, cinq ou six collées les unes aux autres… et, les tenant à la verticale, l’on doit faire tomber des billes qui, passant chacun des goulots, doivent — devraient ? — arriver tout au fond de la dernière… mais ce n’est pas facile du tout ! J’ai essayé — et ne suis pas le seul ! —, et, sur une dizaine de billes, seules trois ont passé le premier goulot et aucune n’a été plus loin que le deuxième !

Les gamins ont découvert que nous avions des jeux de société, serpents et échelles, batailles navales, et même des jeux de blocs ! Et cela se termina par une clémentine et des câlins ! Et, bien sûr, retrouver habits de neige, bottes, tuques, écharpes et tout le bataclan qu’impose le froid ! Oh ! que ce fut une heure charmante ! Ces activités se passent en alternance entre l’école et la Maison, la prochaine se fit donc dans leur classe, à l’école.

Le mardi 27 février, nous n’étions que quatre, deux femmes, deux hommes… et Sophie, la coordonnatrice, qui arriva avec tout ce dont nous avions besoin, les raquettes de bolo et les feuilles pour l’origami. L’accueil des enfants ! tous pleins de sourires… et même se souvenant de nos prénoms ! Que l’on s’apprivoise rapidement ! Tous nous chantons notre chanson, puis chacun se retrouve à une table, Ernest, bien sûr, fera bateaux et grenouilles de papier, il y en aura deux à la décoration des raquettes et je ferai et aiderai à faire des coincoins ! Et l’heure passera beaucoup trop vite ! La prochaine fois, à la fin mars, ce sera les œufs de Pâques !

— Philippe Trolliet

Poésie

À l’heure de pointe
Sur les quais du métro
La marée humaine telle une courtepointe
S’étend sur le lit de ma métropole.

Nous sommes tous pris au piège
Entre l’essence de notre arbre
Et l’écorce de notre boulot
Nous cherchons tous une sortie de secours
Pour débarquer de notre train-train quotidien.

Ces migrants qui débarquent dans nos vies
Vont-ils bloquer les artères de nos villes ?

Qui sommes-nous pour vouloir
Les laisser crever sur les quais du métro ?
La peur de nous retrouver dans le même train
Nous fait souffrir de décalage horreur !

À force de courir dans tous les sens
Nous avons perdu notre sixième sens
Mon cœur ne bat plus la mesure
Depuis que ma ville a perdu la boussole
Je suis en décalage horaire avec mes pairs.

Il est temps de ralentir le métronome
Il est temps de remettre nos pendules à l’heure
Avant qu’il ne soit trop tard.
La survie de la race humaine en dépend.

À l’heure de pointe
Je regarde passer la marée humaine
Elle s’étend sur ma ville telle une courtepointe
Cousue de fils abîmés par la misère humaine.

Je regarde passer la marée humaine
Prise au piège dans le train-train quotidien
Décousue par leur vie inhumaine
Prête à tout pour un bout du pain quotidien.

Prise au piège dans le train-train quotidien
Coincée entre l’arbre et l’écorce du boulot
Prête à tout pour un bout du pain quotidien
Traverser toutes les frontières
Repartir à zéro.

Coincés entre l’arbre et l’écorce du bouleau
À l’heure de pointe
Ils sont des milliers à prendre un numéro
Pour broder dans ma ville une nouvelle courtepointe
Aux couleurs et motifs des humains d’ici et d’ailleurs.

— Élizabeth Lubin

 

25e anniversaire
Nous terminons dans ce numéro la publication de textes
sur des premières fois à la MGPV.

Mon premier contact formel avec l’organisme fut par l’entremise d’un appel de Clémence Racine. J’étais convoquée pour une entrevue d’embauche, car j’avais postulé à la MGPV. Sous le choc, mais très heureuse, j’allais enfin entrer dans cette maison. Serais-je la personne retenue pour succéder à cette directrice marquante ? Est-ce que l’image que je m’étais faite de la Maison se révèlerait exacte ? Juste d’aller voir me plongeait dans la joie.

Je vais vous confier un secret… j’espionnais la MGPV ! Depuis 2006, j’avais mis des alertes Google sur trois organismes qui m’intéressaient particulièrement par leur développement ou leur mission.

Environ une fois par semaine, j’avais des nouvelles ! Je ne vous vendrai pas la mèche sur les deux autres organisations, car un agent secret qui dévoile tout n’est plus secret. J’aimais suivre ces organisations et en applaudir les succès.

J’allais maintenant toucher cette maison. J’allais y entrer !!! Je suis tombée en amour, comme lorsqu’avec un correspondant de longue date, une relation se noue délicatement. Je suis tombée en amour, comme un coup de foudre, quand la porte s’est ouverte. Deux ans plus tard, je suis toujours en amour et j’espère le rester longtemps.

— Francine Goyette

Retour..

En décembre 2004, étant revenue vivre dans le quartier de mes sept ans, sur la rue de Normanville, près de Jarry, je décide un jour d’aller voir le 7930, rue Drolet, appartement où je vivais avec ma mère et un de mes deux frères.

Je passe donc par Jarry et arrivant au coin de la rue Drolet, je vois cette inscription Maison des Grands-Parents de Villeray. Intriguée, j’entre et m’informe. J’avais l’intention d’avoir des activités intergénéra-tionnelles à ma presque retraite. Quelle joie de trouver un endroit qui réponde à mon rêve !

Mon premier bénévolat commence donc en janvier 2005, à l’aide aux devoirs. Dans ces années-là, j’ai eu le plaisir d’accompagner avec enthousiasme deux jeunes écolières.

Maintenant, j’œuvre avec les jeunes adultes en recherche d’emploi et c’est toujours un plaisir pour moi de venir à la Maison des Grands-Parents de Villeray depuis bientôt 13 ans. C’est une maison familiale !

— Lise Gratton

Connaissez-vous la MGPV ?

Été 2017. Le soleil brille et je fais une promenade avec ma maman Lucie et ma nièce de 14 mois, Agathe. On s’arrête au coin de la ruelle pour observer la superbe murale colorée prendre vie. C’est là que des gens nous abordent et nous demandent : connaissez-vous la MGPV ? « Euh, ben… on sait qu’elle est là, tout près, mais nous ignorons ce qu’elle fait exactement. » On nous ouvre alors les portes et on nous fait visiter comme on invite ses amis à la maison. À la fin de la visite, j’avais rendez-vous avec Francine pour discuter : j’allais devenir bénévole.

Je ne suis pas une grand-mère, même pas une maman. Je suis une voisine curieuse qui avait peur de s’ennuyer dans une période où elle ne travaillait pas. L’occasion était parfaite. Je suis devenue bénévole au CACI (Centre informatique), où j’ai aidé des gens à faire des recherches généalogiques, à trouver des formulaires gouvernementaux, à rédiger leur curriculum vitae et à accomplir des tâches informatiques. À mon plus grand bonheur, j’ai aussi été appelée en renfort à la cuisine pour donner un coup de main à la préparation des repas pour les visiteurs et les enfants de la maison. J’y ai rencontré Thérèse et nous y avons formé un super duo de cuisinières.

Le temps a filé et mes semaines d’automne étaient ponctuées de ce rendez-vous doux où on m’accueillait avec le sourire et où je me sentais utile. Mon passage a été de courte durée : j’ai repris le boulot, mais c’est moi maintenant qui demande à mon entourage : « Connaissez-vous la MGPV ? »

— Fabienne Barbe

Coin du souvenir

Une rencontre

Un exilé n’a plus d’ami, et ce malheur est bien plus cruel que l’exil
Théognis de Megare ( 450 ans avant J-C )

… Par un beau soir d’été de 1954, à Québec, au milieu des plaines d’Abraham, assis, avec mon frère, dans l’herbe menue, je regardais les perséides sillonner un ciel étoilé, lorsqu’une silhouette apparut à nos côtés dit : « Bonsoir messieurs ! Vous êtes scouts n’est-ce-pas ? Et vous êtes frères ? Êtes-vous d’ici ? Et quel âge avez-vous donc ? » « Nous avons 17 ans ! mentis-je, et nous sommes de Montréal ! Et nous sommes jumeaux ! Nous allons en Gaspésie sur le pouce ! »

« Je vous envie, dit l’inconnu en s’asseyant à son tour. Je suis fils unique, mon père est disparu en Russie en 43 et ma mère est décédée la même année. J’ai dû partir et m’installer seul ici où je ne connais personne. Je suis Français, originaire de la Normandie. J’arrive d’un continent ravagé par la guerre ! Dans mon village tout a été détruit par les bombardements alliés. Vous voyez derrière vous cette masse sombre ? C’est une tour Martello. L’Angleterre en a construit par centaine partout dans le monde pour empêcher un débarquement militaire de Napoléon. Même ici, à Québec, on le craignait ! En fait, l’Europe a toujours été en guerre. Aujourd’hui, c’est une guerre nucléaire qui nous menace ! »

« Mon oncle, dis-je, est décédé à la tête de son unité de blindés à Falaise en Normandie en août 44. »

« Je connais très bien Falaise ! » dit le nouveau venu ; ainsi votre oncle a donné sa vie pour libérer mon pays ! » Il parut très ému et au bord des larmes. « Je n’oublierai jamais notre rencontre, ajouta-t-il, mais vous, vous l’oublierez sûrement ! » Sur ce, il se leva brusquement, nous salua et s’éloigna ; puis, soudain, se retourna et dit « Merci ! » Nous nous regardâmes, mon frère et moi, étonnés et intrigués par ce départ précipité et ce remerciement pour nous incompréhensible !

… Bien des années plus tard, à l’aube d’un nouveau siècle, j’entrepris la lecture, maintes fois reportée, du chef-d’oeuvre de James Joyce*, et fis la connaissance de son héros éponyme, alias Léopold Bloom, exilé dans sa propre patrie, banni de son foyer, contraint à errer sans but et au hasard dans les rues de Dublin à l’ombre d’une tour Martello** et je me souvins d’un autre exilé, croisé jadis au pied d’une autre tour Martello, dans les plaines d’Abraham un lointain soir d’été ! Et je compris, avec 50 ans de retard, la cause de son émotion : ce n’était ni la mort de mon oncle au champ d’honneur, ni celle de ses parents, ni son pays dévasté, mais notre brève rencontre elle-même qui avait réconforté et touché ce jeune expatrié sans famille et sans ami !

— Yves Bernard

* Il s’agit évidemment d’ULYSSE de James Joyce, Gallimard, Folio 4457
** Cette tour Martello est aujourd’hui le Musée James Joyce, à Dublin

À noter à votre agenda
Fête des voisins, samedi 9 juin

Concert du chœur intergénérationnel de 11 h à 12 h et

portes ouvertes de 12 h à 16 h à la MGPV.

 


Être membre de la MGP... pourquoi ?

… parce que l’ensemble des participants aux activités de la MGPV forme un groupe hétérogène. Il n’est pas obligatoire d’être membre pour faire du bénévolat à la Maison, mais si vous vous privez de le faire, vous ratez une belle occasion : celle de vous sentir une composante à part entière de cette Maison et de pouvoir dire Notre Maison !

Être membre d’un parti politique veut dire : « Je crois en vous », ensemble, nous ferons de grandes réalisations, nous avons un idéal commun. Avoir, par exemple, sa carte de membre au Musée des beaux-arts signifie que j’aime l’art et les expositions de notre musée, détenir sa carte permet d’avoir le privilège de se sentir ami de cette confrérie.

Être membre de la MGP (le nombre de membres est important puisqu’il est considéré lors de l’octroi de subventions) veut dire : « Je crois en cette Maison, », je veux faire partie de cette famille que nous espérons toujours voir grandir.

— Claire Provost